Un nouvel accord controversé
L’accord signé le 12 mars 2024 entre Orange et l’État pour relancer le déploiement de la fibre optique en France suscite de vives réactions. Avec un ralentissement significatif des déploiements, et même leur interruption dans certaines zones, cet accord soulève des inquiétudes et reçoit des critiques, particulièrement de la part des opérateurs rivaux et des associations d’élus.
Échecs passés et nouveaux engagements
Initialement, Orange s’était engagé à couvrir 13 millions de locaux en fibre d’ici la fin 2022. Cet objectif n’ayant pas été atteint, l’Arcep a infligé une amende de 26 millions d’euros à l’entreprise en novembre 2023. Le nouvel accord stipule désormais que l’opérateur doit raccorder 1,12 million de locaux supplémentaires d’ici fin 2025, concentrant ses efforts sur les villes moyennes et les périphéries des grandes métropoles.
Limites de l’accord
Cependant, cet accord fait l’objet de critiques pour son manque d’ambition. Les associations d’élus estiment qu’il ne permettra d’atteindre un taux de couverture que de 97% au lieu des 100% promis auparavant. De surcroît, l’instauration d’un mécanisme de raccordement sur demande (RAD) soulève des questions, car il pourrait exclure certains immeubles, notamment ceux bloqués pour des raisons qui ne relèvent pas d’Orange, ainsi que ceux rencontrant des problèmes de construction exceptionnels.
Engagements jugés insuffisants
Les engagements d’Orange concernant l’amélioration de la couverture fibre dans les 55 EPCI les plus mal desservis sont également remis en question. L’opérateur a promis d’installer 140 000 nouvelles prises dans les 18 mois suivant la signature de l’accord, alors qu’il avait prévu 210 000 prises lors des 18 mois précédents. En outre, la date d’échéance de l’accord, fixée à septembre 2026, soulève des préoccupations, car l’Arcep devra examiner de nombreuses exceptions en cas de non-respect des engagements dans un bref délai.
Réactions des concurrents
Les opérateurs concurrents, tels que SFR, Bouygues Telecom et Free, expriment également leur mécontentement, jugeant que cet accord favorise trop Orange, qui a déjà échoué à respecter ses objectifs antérieurs. De leur côté, l’UFC Que Choisir critique un « quasi-abandon du gouvernement » de l’objectif de garantir que tous les consommateurs aient accès à la fibre optique d’ici fin 2025.
